
Depuis quelques années les libraires du Muguet, sensibles à cette atmosphère rance, en Europe et au-delà, que nous sommes si nombreuses et nombreux à ressentir, s’efforcent de documenter les diverses recompositions du fascisme historique.
A l’occasion de la troisième édition de la FLLEM (la Fête du Livre libertaire et de l’édition militante) qui s’est tenue à l’Athénée Libertaire en octobre 2025, nous avons proposé à Nastasia Hadjadji de nous raconter le « monde idéal » que bâtissent – à l’usage exclusif de la fine fleur de l’élite technologique mondiale – les anciens nerds de la Silicon Valley, désormais milliardaires.
« Nos cauchemars ne sont encore que leurs rêves, mais ce monde est en germe ».
Leur influence s’est étendue jusqu’au cœur de la Maison Blanche ou le fasciste Trump n’aurait pu entrer sans leur soutien politique, financier et médiatique.
Non, ces patrons de la « tech » ne sont pas des geeks – hippies et progressistes – non, ils ne défilèrent pas pacifiquement contre la guerre du Vietnam ! Ce sont des techno-fascistes et avec eux quelque chose a basculé.
« Le technofascisme ne souffre pas de son incohérence, il s’en nourrit ».
Pendant que nous nous demandons comment faire pour ne pas crever la gueule ouverte, victimes de leur extractivisme prédateur et débridé, de leurs data centers, etc.… cette bande de nerds de l’Apocalypse (Elon Musk, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Peter Thiel, Sam Altman, David Sacks), étourdie de rêves fascistes ou monarchiques, rêvant de vivre éternellement, s’offre des “utopies” bien réelles ; des enclaves libertariennes privées, comme la colonie texane Starbase d’Elon Musk ou l’utopie techno-libertaire de Prospera, au Honduras. Bienvenue dans le Moyen-Âge du futur.