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Mathieu Rigouste, « La guerre globale contre les peuples »

Voilà bientôt 20 ans que Mathieu Rigouste documente la globalisation sécuritaire, l’évolution des armées, des polices, des prisons et des frontières, mais aussi tout ce qui y résiste. La Librairie du Muguet suit son travail parce qu’il se place à la croisée de deux domaines indissociables :  la recherche critique dans le domaine des sciences sociales et la participation aux luttes sociales.

« J’enquête par en bas sur le système de domination contemporain, ses structures et son histoire. J’essaie de fabriquer des outils pour l’analyser et contre-attaquer. »

Son nouveau livre intitulé La guerre globale contre les peuples (Éditions La Fabrique, 2025) est une encyclopédie pour décrypter et analyser l’asservissement des mouvements sociaux par la machine sécuritaire. 

Le retour des soulèvements au XXI siècle justifie aujourd’hui le recours « préventif » à la guerre contre les peuples qui accélère une néo-fascisation sécuritaire développée dans les périphéries impériales puis redéployée dans les centres.

Après 1945, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, bientôt rejoints par Israël, ont formé le noyau dur d’une « internationale anti-subversive » dont les théoriciens, qui s’appuient sur des savoir-faire coloniaux prônent la guerre « dans la population civile ». Les dictatures en Amérique du Sud, la Palestine, l’Irlande du Nord et les quartiers populaires des grandes villes occidentales deviennent ses terrains d’expérimentation privilégiés. 

« J’essaie de montrer comment la contre-insurrection est devenue un programme de gouvernement global dans l’âge sécuritaire de l’impérialisme. »

Mathieu Rigouste en appelle à la refondation d’un internationalisme, qui permette d’articuler les luttes de ceux qui dans les centres de l’ordre impérial se battent pour vivre pleinement et ceux qui – dans le Sud global –  se battent pour leur survie. Aucun pouvoir n’est tout-puissant et les empires s’épuisent avant les peuples.