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Mickaël Tempête, « La gaie panique. Une histoire politique de l’homophobie »

Dans le cadre de la deuxième édition de la FLLEM (la Fête du Livre libertaire et de l’édition militante) qui s’est tenue à l’Athénée Libertaire en octobre 2024, la Librairie du Muguet a invité Mickaël Tempête pour présenter son livre La gaie panique. Une histoire politique de l’homophobie publié chez Divergences.

L’ouvrage propose une analyse historico-politique de la paranoïa et des angoisses qui ont toujours entouré la question homosexuelle masculine jusqu’à son instrumentalisation par les sociétés libérales comme affirmation de leur pseudo supériorité civilisationnelle…

Dans cette histoire politique de l’homophobie, Mickaël, qui a grandi dans une période de normalisation de l’homosexualité, celle des années 1990 et 2000, s’interroge notamment sur le rôle d’un État qui se donne aujourd’hui comme garant (sécuritaire et punitif) de la sécurité des personnes homosexuelles. Il déconstruit non seulement la saisie par l’Etat des brutalités anti-homosexuelles, mais aussi l’idéologie de la tolérance (comme sentiment préféré du sujet social-démocrate et libéral) à l’homosexualité, et enfin la façon dont des gays en viennent à souscrire à une gestion policière de l’homophobie.  

« Le discours le plus présent aujourd’hui dans les médias est celui qui crée une scène dans laquelle se font face une « communauté de la peur » (les femmes, les juifs, les homos, les trans…) et une « communauté de la haine » (les masculinités subalternes). Non seulement cela a pour conséquence de rendre les homosexuels complices de ces réponses policières et carcérales mais cela enfonce encore plus profondément la notion sécuritaire dans nos corps. Dans cette opération politique, la « communauté de la peur » n’a d’autre choix que d’accepter sa dépendance aux institutions policières censées assurer sa « protection ». 

Critiquant la normalisation sociale-démocrate des luttes et l’idée sous-jacente que l’homosexualité doit s’élever au rang « supérieur » de l’hétérosexualité pour entrer en citoyenneté, Mickaël réhabilite le désir homosexuel (qu’il distingue de l’homosexualité, qui est une issue identitaire à ce désir) qui se fout des hiérarchies et pour cela doit continuer à affirmer son caractère menaçant et profondément transformateur.